Laver ses cheveux efficacement sans pétrochimie

Jan
16

Laver ses cheveux efficacement sans pétrochimie

Pourquoi retirer l’usage du shampooing ?

L’attrait pour les alternatives au shampooing industriel ou bio, de même que pour la recherche d’une lessive écologique par exemple, provient généralement de deux mouvements différents: certaines personnes sont sensibles prioritairement à la sauvegarde de l’environnement, d’autres personnes à assainir leur corps. Comme un mouvement intérieur (santé interne) et extérieur (environnement, écologie), exprimant un même souffle, car finalement tout le monde s’accorde sur les mêmes solutions.

Peut-on remplacer efficacement un shampooing du commerce ? Est-ce facile ?

Oui, le principe est simple et efficace. Lorsque j’ai expérimenté la méthode que je détaille plus loin dans l’article, ma motivation de départ fut celle-ci: retirer des produits nocifs de mon environnement et espacer le lavage de mon cuir chevelu, avec l’idée de mieux le protéger. Bien que simple et peu coûteuse, cette méthode n’est pas adaptée à tous les types de cheveux. D’autres alternatives existent lorsque cela arrive.

Une pollution silencieuse

Les shampooings industriels les plus vendus dans les grandes surfaces contiennent des ingrédients nocifs à plus ou moins long terme pour le corps humain et l’environnement. Paraben, phénoexyethanol, silicone… des substituts sont parfois trouvés à ces composés afin de les retirer de l’étiquette, mais il ne faut pas se leurrer: il s’agit de tromper l’ennemi. L’innocuité de certains substituts attend d’être démontrée… ou inversement leur nocivité le sera des années plus tard. Un exemple: les parabens – considérés maintenant comme allergènes et suspectés d’être cancérigènes – ont été choisis pour remplacer d’autres conservateurs, les formaldéhydes, dont l’action fut reconnue à l’époque pour les mêmes travers. Bref, on n’en sort pas.

Lorsque l’on se trouve face à un élément nouveau, souvent artificiel, dont l’innocuité n’a pas été vérifiée, un principe de précaution devrait s’appliquer. De toute évidence le respect du prochain – dont fait partie son corps physique en tant que protection vers l’extérieur – est un élément que les chimistes qui jouent avec ces produits placent en quarantaine dans leurs pensées.

Les polluants dans l’environnement d’un malade

La présence d’éléments toxiques dans l’environnement d’un malade ne contribue pas à sa guérison mais favorise au contraire des complications. Le Dr Clark conseille de fuir toute chimie, notamment celle des dentifrices et autres cosmétiques. Ces mesures peuvent s’avérer déterminantes dans les situations d’inflammation aiguës comme les cancers.

L’association Environment Working Group (EWG), qui compile une étonnante base de données sur les produits de soins corporels et croise leurs ingrédients avec de grandes bases de données décrivant leur toxicité chimique (à consulter ici), rappelle les faits suivants:

« Les produits de soins personnels sont fabriqués avec 10500 ingrédients chimiques uniques, dont certains sont des cancérogènes connus ou soupçonnés, toxiques pour le système reproducteur ou connus pour perturber le système endocrinien.

Selon notre enquête auprès de 2 300 personnes, les sondés utilisent en moyenne neuf produits par jour. Un homme sur 100 et 25% des femmes interrogées appliquent 15 produits ou plus chaque jour. Votre rituel de nettoyage et de « soin » inclut probablement le shampooing, le dentifrice, le savon, le déodorant, le revitalisant, le baume pour les lèvres, la crème solaire, la lotion pour le corps, ainsi que les produits de rasage si vous êtes un homme et le maquillage si vous êtes une femme. 

La plupart des gens utilisent des cosmétiques et d’autres articles de soins personnels sans y penser, croyant que le gouvernement surveille leur sécurité. Ce n’est pas le cas. 

Aucun test de sécurité avant commercialisation n’est requis pour les produits chimiques industriels utilisés dans les produits de soins personnels ou dans l’industrie chimique dans son ensemble. Selon l’Office of Cosmetics and Colors de la Food and Drug Administration,  « … un fabricant de cosmétiques peut utiliser presque n’importe quelle matière première comme ingrédient cosmétique et commercialiser le produit sans l’approbation de la FDA. »  (FDA 2012) »

Lorsque des produits chimiques dangereux sont utilisés dans les cosmétiques, ils ne se mesurent pas en traces (en parties par million ou même en parties par milliard); leur présence est au contraire substantielle dans le produit, tout comme la farine est un ingrédient principal dans le pain.

Les ingrédients cosmétiques ne restent pas à la surface de la peau. Ils sont conçus pour pénétrer, et ils le font. Les scientifiques ont trouvé de nombreux ingrédients cosmétiques communs dans les tissus humains, y compris les phtalates dans l’urine, les conservateurs appelés parabens dans le tissu tumoral mammaire et les composants de parfum persistants dans les graisses humaines.

Un échantillon des produits nocifs les plus connus

Les parabens : allergies, irritations… Depuis quelques années, des études ont fait lumière sur la nocivité de cet ingrédient qui pénètre très rapidement dans le corps. Le paraben est suspecté d’être cancérigène.

Les sulfates: un agent moussant présent en grande quantité dans quasiment tous les cosmétiques lavants : shampooing, savon, gel douche, gel nettoyant le visage… Cet agréable nuage de mousse est un tensioactif au fort pouvoir dégraissant, dont l’usage fréquent assèche la peau et supprime sa barrière naturelle. La peau, comme mise à nu, laisse pénétrer plus facilement les éléments extérieurs.

Les agents occlusifs: ils se fixent sur les cheveux et la peau et forment un film « protecteur ». La protection est un leurre car ils recouvrent derme et toison et finissent par les étouffer. Les agents occlusifs les plus courants sont les silicones, qui nécessitent de 400 à 500 ans pour se dégrader. On trouve aussi les ammoniums quaternaires, substituts des silicones et ingrédients des produits capillaires lavants. En tête des occlusifs les plus nocifs figure l’huile minérale. Dérivée du pétrole elle empêche l’écoulement naturel du sébum.

Un choix de vie: vers la complication ou vers la simplicité ?

La profusion d’ingrédients présents dans un shampooing laisse songeur concernant leur utilité et leur effet sur le cuir chevelu. À quoi servent-ils? En effet: l’utilisation de seulement deux produits naturels fera aussi bien qu’un usage de shampooing chimique et d’après-shampooing (bio ou pas), sans présence d’éléments pétrochimiques ou toxiques.

Irritation du cuir chevelu 

Vous le savez probablement, les shampoings vendus dans le commerce favorisent un cercle vicieux: plus on se lave les cheveux, plus le cuir chevelu produit de sébum et plus on doit les laver. Des substances contenues dans les shampoings agressent le cuir chevelu en retirant le sébum nécessaire à la protection des cheveux (le sébum est une huile protectrice qui lubrifie les cheveux). Pour compenser cette perte, notre corps en produit beaucoup plus, incitant l’utilisateur du shampoing à un lavage régulier, voir quotidien, suivant une stratégie d’incitation à la consommation. L’usage d’un lavage naturel sans shampooing permet de retrouver un équilibre, le lavage devient moins fréquent.

L’alternative au shampooing: la version « no-poo »

 

Plusieurs alternatives efficaces existent. Le Dr Clark propose d’utiliser le borax, cependant l’usage m’a mené à l’utilisation du bicarbonate de sodium, qu’il est plus facile de traiter avec un deuxième produit afin de redonner volume aux cheveux: le vinaigre de cidre. Cette méthode est appelée « no-poo » en anglais. C’est une méthode très efficace, mais elle ne fonctionne pas sur tous les types de cheveux. Il vous faudra l’essayer pour savoir ce qu’il en est pour votre cuir chevelu.

Les ingrédients nécessaires:

– Lavage: bicarbonate de sodium (ou bicarbonate de soude, c’est pareil) en poudre extra-fin (c’est important).

– Après-lavage: vinaigre de cidre de pomme bio.

 

Mode d’emploi : 

  1. Commencez votre préparation au bicarbonate. Mélangez le bicarbonate avec un fond d’eau afin d’obtenir une pâte plus ou moins liquide. Utiliser de l’eau tiède facilite la préparation. Le dosage est de 2 c. à soupe de bicarbonate pour les cheveux longs et 1 c. à soupe si vous avez les cheveux courts.
  2. Poursuivez avec la préparation au vinaigre: dans un verre versez 2 c. à soupe de vinaigre de pomme et remplissez d’eau. Le vinaigre peut être plus ou moins dilué en fonction de l’état de vos cheveux (cheveux gras ou cheveux secs), une moyenne étant d’environ 200ml d’eau.
  3. Mouillez bien vos cheveux.
  4. Appliquez le mélange de bicarbonate à la racine des cheveux et sur le cuir chevelu en massant doucement. Vous l’aurez compris: ça ne mousse pas. Massez votre cuir chevelu avec de petits mouvements circulaires, passez entre chaque mèche. Concentrez-vous sur les racines et évitez les longueurs et les pointes qui n’ont pas besoin d’être traitées à chaque passage à l’eau.
  5. Laissez agir quelques minutes puis rincez bien vos cheveux.
  6. Versez le vinaigre dilué sur le cuir chevelu. Répartissez bien en prenant soin de traiter tous vous cheveux. Le vinaigre de cidre va équilibrer le ph du cuir chevelu et redonner du volume.
  7. Pour la dernière étape vous avez le choix: rincez abondamment après avoir attendu quelques minutes, ou bien rincez brièvement. L’odeur de vinaigre disparaît rapidement.

Bon à savoir:

  • Après le lavage au bicarbonate vos cheveux seront rêches. Ceci est normal car le bicarbonate est alcalin (ph 9); en plus du lavage ce produit a pour effet d’ouvrir les écailles des cheveux. L’utilisation du vinaigre de cidre (ph 3) permet de les refermer et de rétablir le cuir chevelu à son ph naturel de 4,5-5,5 et va redonner du volume à vos cheveux.
  • Le vinaigre de cidre peut être remplacé par du jus de citron. Dans ce cas la dilution doit être plus importante: prenez le jus d’un demi-citron (filtrez les résidus) et diluez dans environ 600ml d’eau.
  • Vous pouvez ajouter de l’huile essentielle dans la préparation au vinaigre pour parfumer et traiter vos cheveux, mais une à deux gouttes diluées dans le mélange, pas plus. L’huile de lavande sera un excellent choix pour traiter les cheveux. Autres possibilités: ylang-ylang ou romarin.

À lire si le résultat n’est pas concluant

Si vous avez expérimenté cette méthode avec un résultat décevant – les cheveux deviennent épais, lourds, cireux ou restent gras -, vérifiez les points suivants:

  • Évitez le bicarbonate en cristaux. Le bicarbonate de sodium doit être acheté extra-fin (de consistance poudreuse). C’est important. Cela facilite grandement sa dilution et l’efficacité du lavage.
  • Laissez agir le bicarbonate quelques minutes sur le cuir chevelu avant le rinçage à l’eau. Si vous rincez tout de suite après application, vos cheveux peuvent rester épais et lourds, même après le traitement au vinaigre.
  • L’application du bicarbonate puis du vinaigre ne semble pas fonctionner avec de l’eau dure; le mélange rend les cheveux cireux. Essayez avec de l’eau filtrée.

Fréquence de nettoyage et rééquilibrage

Le « rééquilibrage » du cuir chevelu est probablement le plus compliqué, dans le sens où cela prend du temps (impossible à prévoir) et la situation de chacun est différente. Il n’est pas conseillé de pratiquer ce nettoyage trop régulièrement. Un des buts du no-poo est de réduire graduellement la fréquence à laquelle on se lave les cheveux. Si par exemple vous lavez vos cheveux tous les jours, commencez tous les 3 jours la première semaine, ensuite tous les 4 jours, 5 jours, 6 jours, puis 1 fois par semaine.

Vos cheveux devront s’ajuster à votre nouveau traitement capillaire et dans la majorité des cas il faudra passer par une phase de sevrage. Généralement, pour dépasser le seuil d’un lavage par semaine, il devient nécessaire de ne plus laver ses cheveux sur un mois complet, afin de remettre les compteurs à zéro. Différentes solutions existent pour passer cette étape, par exemple le nettoyage à sec à l’argile verte permet d’espacer les nettoyages. L’argile absorbe le sébum; une chevelure grasse présentera ainsi un aspect propre et léger.  Le Rhassoul semble plus pratique pour parvenir au même effet.

Pensez à vous brosser régulièrement. Le brossage est important car cela permet de répartir le sébum de vos racines sur toutes les longueurs (au moins chaque matin lors de la période de sevrage d’un mois). Une brosse à poils de sanglier 100% naturelle est conseillée. Cela aide également à éliminer les déchets, car les poils de sanglier sont comme de petits chiffons en «microfibres» qui emprisonnent les débris de vos cheveux sur la brosse.

Un rappel pour conclure: si cette méthode convient au plus grand nombre, elle n’est pas adaptée à tous.  Il faut adapter sa routine capillaire non seulement à la nature de ses cheveux, mais aussi à son mode de vie et au lieu de vie (en ville les cheveux graissent plus vite). Seule la pratique vous permettra de trouver votre voie.

 

Marco – CuresClark.com

 

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